Après Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots, deux nouveaux opus de la licence étaient en développement. L’un deux, Metal Gear Solid Rising, est un spin-off basé sur Raiden offrant une nouvelle orientation et les prémices d’une nouvelle franchise (sur PS3 et 360) associée à la licence phare de Konami. L’autre, Metal Gear Solid : Peace Walker, est censé être un spin-off PSP basé sur la coopération qui s’apparente au final à un Metal Gear Solid 5. C’est d’ailleurs comme tel que le considère Hideo Kojima. Ce dernier étant disponible sur nos consoles, il est l’heure de voir s’il est un indispensable pour tous les fans de la série ou s’il ne s’agit que d’un simple spin-off pas forcément nécessaire…

Test Metal Gear Solid : Peace Walker sur PSP

PeaceWalker Même si officiellement Metal Gear Solid : Peace Walker est un spin-off de la série qui vise à l’enrichir en faisant la lumière sur le passé de Big Boss, il faut bien avouer d’entrée de jeu que cet opus s’impose comme un MGS 5. Le joueur est projeté au cœur des années 70 pour découvrir des événements qui se déroulent dix ans après ceux de MGS 3. Si nous n’en dirons pas vraiment plus sur le scénario pour éviter tout spoiler, nous pouvons vous affirmer que celui-ci est bien consistant, très bien écrit et qu’il tient la route. Les rebondissements sont nombreux, tout comme les révélations, et les fans de la série pourront enfin découvrir une multitude de détails au sujet de la création d’Outer Heaven. Cerise sur le gâteau, le tout est saupoudré d’une bonne dose d’humour. Pour assurer le bon développement du scénario, les développeurs ont intégré des cinématiques façon bandes dessinées signées Ashley Wood, comme dans MGS OPS, qui sont tout bonnement superbes. Plus adaptées au support, elles offrent de purs moments de plaisir, sans compter qu’elles obligent le joueur à être toujours sur ses gardes puisque certaines sont interactives. Un petit plus non négligeable qui fait la différence ! Dans la même optique, l’ambiance sonore a été des plus travaillées, les doublages sont d’excellente facture et les graphismes sont superbes.

Un chef d’œuvre… enfin !

Le soft fait assurément partie des plus beaux jeux de la console malgré son design militaire particulier qui ne plaira pas à tous. Fans et détracteurs de la série ne changeront pas aujourd’hui d’avis à ce sujet. En tout cas, il faut reconnaître que les textures sont relativement détaillées, que les modélisations sont bien faites et que les animations sont très bien rendues, surtout que le frame rate ne bouge pas d’un poil pour une fluidité des plus appréciables. En revanche, les limites du support se font rapidement sentir puisque les zones de jeu sont petites et les chargements sont interminables. Nous ne pouvons que vous conseiller d’installer une partie ou la totalité du jeu afin de réduire ces derniers, ne devenant alors qu’un peu longuets. Comme quoi la PSP ne peut pas faire que des miracles. Ceci dit, le titre a vraiment été étudié pour ce support et cela se ressent dans la construction de l’aventure. En effet, celle-ci est découpée en des sortes de chapitres et sous-chapitres, si bien que l’on se retrouve à enchaîner des missions relativement courtes dans de petits secteurs. Mais il ne faut pas croire que les possibilités sont plus limitées pour autant. Kojima et son équipe maîtrisent leur sujet et cela se voit. Malgré l’aspect restreint des zones, le joueur peut souvent étudier le terrain pour aborder l’objectif d’au moins deux manières différentes, outre le choix entre action et infiltration.

Limité par un support…

Ce dernier aspect est d’ailleurs à privilégier pour profiter pleinement des sensations qu’offre le titre. La furtivité a été bien poussée malgré le support et l’architecture des niveaux est impeccable, à tel point que l’on oublie le défaut lié à la taille. Ceci est dû en grosse partie aux abondantes missions secondaires puisqu’il y a toujours des éléments à trouver ci et là, avec des prisonniers cachés, des objets à dénicher, etc. Du coup, on avance, on fouine et on ne se rend pas vraiment compte que l’on a passé de bonnes grosses poignées de minutes à appréhender la zone. La durée de vie peut d’ailleurs énormément varier d’un joueur à l’autre selon qu’il se contente de l’aventure principale et de quelques à-côtés nécessaires ou qu’il cherche à tout faire à fond. Il faut donc compter d’une quinzaine à une bonne quarantaine d’heures, ce qui est très confortable pour un jeu portable. Et encore, celle-ci s’envole lorsqu’on prend en compte les easter eggs, comme l’île Monster Hunter et d’autres références à des jeux et univers bien connus. C’est un véritable plaisir de partir à la recherche de ces bonus et des nombreux clins d’œil qui offrent un intérêt supplémentaire aux connaisseurs. Mais le gros point fort de cet opus, c’est assurément la possibilité de jouer en coopération à deux, trois ou quatre, en plus du mode versus jusqu’à six. En effet, ce mode coop n’est pas qu’un simple bonus.

C’est un véritable mode qui a été travaillé de bout en bout et qui s’avère bien salvateur lors des affrontements contre les boss. Ces derniers étant robustes et très efficaces, ils imposent un challenge assez rebutant en solo pour les joueurs lambda alors qu’ils deviennent plus abordables lorsqu’un ou des amis se joignent à la bataille. En revanche, l’intelligence artificielle des soldats étant plutôt basse, la progression en solo n’est pas bien difficile et elle devient presque une balade de santé avec de bons joueurs en coopération. Malgré tout, la difficulté évolue sensiblement dans la deuxième partie de l’aventure, les ennemis étant plus coriaces. Cela se voit notamment lors des combats au corps à corps des plus efficaces les premières heures, alors que le joueur se fait régulièrement contrer par la suite. Les armes deviennent alors nécessaires. Et c’est là que l’on remarque l’un des plus gros défauts du titre : la rigidité de la maniabilité qui est malheureusement liée au support, le manque d’un second stick ne s’étant jamais fait autant sentir. Les développeurs ont beau nous proposer trois prises en main différentes, la gestion de la visée et de la caméra demandant de jongler avec le stick, le bouton et/ou la croix directionnelle, on se retrouve parfois à pester contre le système. Ce n’est pas vraiment amputable au soft et il faut bien avouer qu’avec une bonne heure maximum (beaucoup moins pour ceux qui sont notamment habitués aux jeux de shoot sur PSP), on maîtrise relativement son sujet.

Mais qui reste incontournable !

Ceci fait, on découvre un gameplay à la fois riche et profond. Cela s’amplifie en multijoueur avec l’intégration d’idées mettant en avant l’entraide comme la possibilité de soigner un coéquipier à terre, sans compter la possibilité de mettre en place de nombreuses stratégies avec des prises à revers, des diversions, etc. Dernier point à aborder et non des moindres, c’est tout le côté gestion de la Mother Base qui n’est clairement pas à négliger, surtout pour les joueurs solitaires… et même pour les autres puisque cet aspect du jeu permet de débloquer des armes nécessaires pour mener à bien certaines missions. On pense notamment au C4… Complet mais aussi complexe, ce jeu dans le jeu met l’accent sur le recrutement et les évolutions. Ainsi, on commence avec une dizaine de personnes à répartir dans cinq secteurs : combat, intendance, recherche, radio et médecine. Ceci est très important et si une affectation automatique peut être appliquée, il est conseillé de s’y investir un minimum pour faire des choix judicieux menant à des gains de niveaux de compétence. Mais pas seulement puisque cela permet, selon les secteurs que l’on privilégie, de récupérer de nouvelles armes ou d’avoir divers gadgets perfectionnés (recherche et radio), de mieux gérer les provisions (intendance), de soigner plus rapidement des soldats et d’avoir des armes anesthésiantes (médecine), ainsi que d’améliorer ses armes et ses recrues (combat entre autres).

Nous soulignons bien ce dernier point puisque nos hommes, plus performants, peuvent être incarnés lors de missions Extra OPS ou envoyés sur des Outer OPS. Ceci rallonge la durée de vie tout en offrant déverrouillant divers éléments dont des produits virtuels de marques. A ce sujet, le recrutement a été revu par rapport à MGS OPS. Ainsi, il n’est plus nécessaire de ramener un soldat neutraliser jusqu’à l’arrière d’un camion placé en début de niveau pour l’intégrer au programme. Maintenant, on peut utiliser le Fulton Recovery System, pour enlever ces derniers sans avoir à les bouger. Et, jeu vidéo permet, cela est aussi possible en intérieur. Bien entendu, la majorité des soldats ont des niveaux de compétence bas, mais certaines perles sont à découvrir tout au long de l’aventure et il est parfois nécessaire d’avoir un bon niveau de recherche et de combat pour aller déloger certains snipers et autres combattants plus qualifiés inaccessibles autrement. En sus, les prisonniers cachés permettent d’enrichir le casting avec parfois quelques bonnes surprises à la clé !

Bilan : enfin un jeu à conseiller

Outre la difficulté mal dosée qui nécessite notamment de jouer en coop lors des affrontements contre les boss, les quelques défauts de Metal Gear Solid : Peace Walker sont surtout liés au support et ne sont donc pas vraiment amputables au jeu à proprement parler. Ceci vaut pour les chargements et la maniabilité assez rigide qui peut rebuter les moins patients. Sur PS2, ou du moins avec un contrôleur doté de deux sticks, le soft aurait sûrement frôlé la perfection. En l’état il reste tout de même excellent. Le scénario est intéressant, les nombreux clins d’œil donnent une certaine plus-value, la coopération a bien été travaillée, la durée de vie est solide et les à-côtés sont très nombreux. Il faut rajouter un gameplay riche et profond, un aspect gestion revu et corrigé tout aussi complet que complexe et tout un tas d’autres qualités qui font de ce Peace Walker un spirituel MGS 5 incontournable. Il est inutile de tourner autour du pot, si vous avez la patience nécessaire pour maîtriser tous les aspects du titre et/ou que vous êtes fan de la licence, ce MGS PW doit figurer dans votre ludothèque !

Les bons points

  • Scénario intéressant
  • Plein de révélations
  • Architecture impeccable
  • Moult à-côtés
  • Plein de références
  • Easter Eggs plaisants
  • Durée de vie confortable
  • Aspect gestion bien pensé
  • Coopération poussée
  • Graphismes superbes
  • Cinématiques interactives magnifiques
  • Ambiance excellente
  • Gameplay riche et profond…


A améliorer

  • Mais prise en main nécessaire…
  • Avec maniabilité limitée par le support
  • Difficulté mal dosée
  • Jouer seulement en solo
  • Les chargements
  • La caméra dans le feu de l’action
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