Beaucoup de joueurs ne le savent certainement pas mais un tout nouveau RPG vient de débarquer sur les PlayStation Portable européennes. Celui-ci répond au nom de Dragoneer’s Aria. Annoncé en juillet 2007, le titre est sorti au Japon et aux USA en août dernier dans la plus grande discrétion. Six mois plus tard, le voilà qui débarque dans nos contrées. Reste à savoir si ce titre peu médiatisé peut réussir à convaincre les fans du genre habitués à des licences cultes telles que les Final Fantasy et autres Tales of pour ne citer que celles-là.

Test Dragoneer's Aria - PSP

miss-aria

Fille ou garçon ?

Jadis, le Dragon Sacré qui veillait sur le monde fut anéanti par le Dragon Noir. Cependant, l’âme du défunt permit de créer six nouveaux dragons qui furent affublés de la tâche de leur géniteur. Durant des centaines d’années, tout allait pour le mieux, les habitants de Granadis vivaient paisiblement. Mais un jour, ce fut la panique, Nidhogg, le Dragon Noir, ressurgit de nulle part et détruisit la ville. L’un des six dragons (celui de l’eau) tenta de s’interposer mais en vain. L’histoire démarre et se met petit à petit en place jusqu’à l'introduction de Valen Kessler, le jeune héros androgyne de l’histoire. En effet, l’attaque du méchant dragon a lieu le jour où l’on devait lui remettre un diplôme. Personnellement impliqué, celui-ci, épaulé par Euphe Ralm, une jolie jeune fille qui est liée au dragon de l’eau, doit tout faire pour découvrir la raison de cette soudaine attaque. Si l’aventure n’est pas vraiment dénuée d’intérêt, il faut reconnaître que très peu de joueurs réussiront à tenir les quarante à cinquante heures nécessaires pour découvrir le fin mot de l’histoire. La faute à un scénario basique et ultra classique et à un gameplay peu ingénieux. On notera tout de même qu’en sus du mode solo, le titre propose un mode de jeu en ligne permettant de coopérer avec trois amis pour défaire plus facilement les troupes ennemies. Malheureusement celui-ci est bien souvent désert.

Le sixième élément

Si dans le fond Dragoneer’s Aria est un RPG tout ce qu’il y a de plus classique, il faut tout de même lui reconnaître certaines qualités évidentes. Ainsi le soft tente de se démarquer du lot en proposant un système de gestion de mana (énergie permettant l’invocation de sorts) plutôt bien pensé, une évolution des Lusce (objets permettant d’utiliser différents types de magies) indépendante de celle du personnage et un système de garde différent de ce que l’on voit habituellement. En effet, lorsque l’on use de la garde, on participe à une sorte de mini-jeu qui demande un certain sens du rythme. Ainsi en fonction du résultat l’attaque de votre opposant est diminuée, ce qui permet de sauver quelques points de vie. Si on rajoute à cela différents pouvoirs, la possibilité de synthétiser des objets à partir de ceux que l’on possède déjà et la possibilité d’envoyer successivement divers sorts sur un ou plusieurs ennemis afin d’en accumuler les effets, on obtient un titre intéressant qui laisse entrevoir bien des possibilités, et ce même en terme de stratégie.

Cependant, tout n’est pas parfait… Pour pouvoir profiter de toute la richesse du gameplay, encore faut-il avoir envie de continuer à jouer. Voilà bien l’un des problèmes du soft. Dès les premiers combats on se rend compte que l’intelligence artificielle a été mal équilibrée. Résultat, ou les combats sont trop faciles et donc forcément ennuyants, ou ils sont trop difficiles et il ne reste plus qu’une seule solution : faire du level-up intensif. C’est malheureusement ce dernier cas qui risque de se produire très souvent, et ce même si les deux sont de par nature liés. De plus, la différence de niveau entre deux ennemis d’un même « donjon » est souvent si importante que l’on est obligé de retourner voir les monstres vaincus, qui réapparaissent après quelques secondes, pour faire monter ses points d’expérience. Au final on passe plus de temps à combattre les mêmes créatures plutôt qu’à progresser de manière fluide. Précisons d’ailleurs qu’au bout d’un moment on atteint un niveau relativement élevé qui permet de vaincre n’importe quel adversaire en n’utilisant que des combinaisons de magie et des coups d’épée et autres armes principales. C’est tellement plus facile et rapide qu’on ne prend finalement pas la peine d’élaborer une stratégie, on tape inlassablement les créatures qui nous font face jusqu’à ce qu’elles tournent de l’œil et s’effondrent au sol.

Du feu, de la neige et des tonnerres

Graphiquement des plus corrects, le titre offre des décors divers et variés qui permettent de changer un peu les situations. Néanmoins, on retrouve souvent les mêmes ennemis (du moins pour ceux de base) qui ne diffèrent que par leur couleur et leur nombre de points de vie. Le design général de ces derniers n’est pas très inspiré et on éprouve une impression de déjà-vu. En revanche, les personnages principaux, hormis Valen qui laisse à désirer, sont des plus mignons et des plus charismatiques. Difficile de critiquer le charme d’Euphe, la bonne bouille de Mary Murphy (une jeune fille pirate qui a perdu son père à 11 ans) ou encore le charisme de Langley Baldwin (un ami d’enfance de Valen). Dommage que le tout soit entaché par une réalisation assez médiocre qui ne laisse pas suffisamment de place au génie créatif. Le tout se révèle finalement classique et fait même parfois trop cliché. Niveau sonore, là encore c’est la même chanson, rien de transcendant, les voix japonaises collent aux personnages, les anglaises sont un cran en dessous mais c’est suffisant pour convaincre les moins exigeants. Quant à la bande sonore, elle est correcte sans plus. Le titre manque clairement d’ambition et avec quelques mois de développement supplémentaires, il est certain que l’on aurait pu avoir un RPG un tantinet plus soigné, moins bâclé.

Bilan : mouai

Dragoneer’s Aria n’est pas vraiment un mauvais jeu, c’est même un RPG tout ce qu’il y a de plus correct dans le fond, mais il est bien trop classique et les développeurs n’ont pas toujours fait des choix judicieux. L’aventure pourrait être intéressante mais elle demande de faire évoluer son personnage en passant des heures à faire du level-up, sans quoi c’est l’écran de Game Over assuré. Résultat le titre devient vite ennuyant et seuls ceux qui désirent connaître le fin mot de l’histoire réussiront à jouer près d’une quarantaine d’heures. Dommage aussi que le titre n’ait pas été plus médiatisé que cela, on aurait au moins pu trouver plus d’un joueur en ligne pour véritablement profiter de la coopération à quatre. Les petits défauts s’accumulent et avec un peu de recul on remarque que Nippon Ichi a surtout manqué d’ambition. Tout est très classique, à la limite du déjà-vu, et jamais on ne sent ce petit quelque chose qui aurait pu faire toute la différence.

Les bons points

  • Lieux divers et variés
  • Les associations de sorts
  • La synthèse d’objets
  • La coopération en ligne
  • Design des héros...


A améliorer

  • Celui des monstres
  • Jeu en ligne désert
  • Vite ennuyant
  • I.A. mal équilibrée
  • Trop classique
Tous droits réservés © 2013/2017 - Enjoy testmode.fr.
Vous souhaitez nous faire tester autre chose ?
Vous avez des remarques ?
C'est par là : contact(@)testmode.fr