Le 2 janvier 2008, les salles obscures accueilleront comme il se doit le tout dernier film de Colin et Greg Strause s’inscrivant dans la saga Alien. Mais avant de pouvoir se jeter sur Aliens versus Predator : Requiem, les amateurs de la série peuvent s’essayer au jeu éponyme. Nouveau filon commercial exploité pour renflouer les poches de quelques euros ou bel avant-goût du long métrage ? Voilà une question qui doit torturer l’esprit de plus d’un fan hésitant à se jeter sur cette mise en bouche. Avant d’investir, lisez plutôt ce qui suit…

Aliens vs. Predator Requiem

AVP REQUIEM Dès lors que le joueur insère son UMD dans la console et que le jeu démarre, il se retrouve confronté à un menu minimaliste proposant uniquement trois choix : jeu en solitaire, à plusieurs et options. C’est avec euphorie que l’on se jette sur le premier mode cité pour découvrir alors trois nouvelles possibilités : un mode histoire, un Skirmish et un mode permettant d’améliorer son arsenal. Impatient comme un enfant à Noël, on ne réfléchit pas et on se lance dans le scénario pour découvrir déjà le fil conducteur du prochain film. Mais la déception est de mise puisque, outre une cinématique faisant forte impression, on se rend compte que chaque début de niveau est précédé d’une dizaine de mots indiquant l’objectif général à remplir. Nul besoin de chercher quelques éléments scénaristiques que ce soit puisque ces accroches se résument en une seule phrase : parcourir le niveau et détruire tous les aliens qui se trouveront sur le chemin. Banal et sans intérêt, on aurait même pu s’en passer.

Le massacre

Malgré ce point fâcheux, on se lance à corps perdu dans l’aventure en prenant le contrôle d’un Predator, on avance, on dérouille de l’alien et on répète ces deux actions indéfiniment jusqu’à la fin du niveau. Notez d’ailleurs que l’aventure s’étale sur quinze missions mais qu’il n’est nécessaire d’en faire que sept consécutives pour terminer le jeu. De quoi vous tenir en haleine durant une à deux heures maximum. Après quoi, le joueur frustré s’essayera à la partie à plusieurs ou au Skirmish, seul mode de jeu jouissif du titre. En effet, ce dernier vous place dans une arène fermée qui devient rapidement le théâtre d’une boucherie sans nom. Des hordes d’aliens se jettent alors sur votre pauvre Predator qui devra jouer de ses griffes pour se défendre. En définitive, deux heures et trente minutes suffiront amplement pour terminer le titre en long, en large et en travers. Mais encore faut-il réussir à les tenir !

Je vois la vie en vert

Si le titre est aussi court, c’est surtout parce qu’il souffre d’une trop grande accessibilité. Non seulement l’intelligence artificielle est aux abonnés absents, mais en plus la progression est ultra linéaire et facilitée par un balisage constant. Ainsi, il suffit d’avancer et de regarder si un symbole apparaît en rouge à l’écran pour savoir s’il y a une quelconque action à faire dans la zone actuellement visitée. Résultat on s’ennuie. C’est d’autant plus dommage que ce Aliens versus Predator : Requiem dispose d’éléments de gameplay intéressants. Les différentes visions (thermique, normale ou alien) en sont un parfait exemple. Si la progression avait été un peu plus souple, ce changement de vision aurait servi à repérer de loin toute marque ennemie pour se préparer au combat. Malheureusement cette idée est aussi bonne qu’inutile puisque tous les objectifs sont indiqués par de gros marqueurs rouges visibles à trois kilomètres. C’est certes exagéré, mais on n’en est pas loin.

Les défauts s’accumulent et la liste est loin d’être terminée vu qu’il faut y rajouter le système de caméra, la démarche de son avatar, la mollesse des affrontements, l’imprécision de la visée lors de l’utilisation des armes et de nombreux bugs en tous genres. Précisons que la caméra, bien que totalement libre et gérée à la main avec les gâchettes situées sur la tranche de la console, n’est en rien adéquate vu qu’il faut constamment la bouger ou la recentrer pour pouvoir avoir une vue à peu près correcte. Malgré tout le tableau n’est pas si noir que cela étant donné que les graphismes sont corrects, que les environnements sont très variés et que certains passages permettent de se défouler. De plus, lors des missions, on remporte des points d’honneur qui servent par la suite à débloquer de nouveaux niveaux, de nouvelles armes et à les améliorer. De quoi obliger le joueur acharné désirant tout débloquer à terminer les quinze missions.

Voilà, voilà...

Vous n’êtes pas exigeant, vous ne savez pas quoi vous mettre sous la dent et vous avez deux heures et demi de libre devant vous ? Alors n’hésitez pas et faites vous prêter ce Aliens versus Predator : Requiem par un ami pour le retourner dans tous les sens. Après vous être bien défoulé sur le mode Skirmish, vous lui rendez et vous passez au constat. Le titre est trop court, trop facile, trop linéaire, trop dirigiste, la progression est trop balisée, la gestion de la caméra laisse à désirer, les animations sont ratées, la visée est imprécise et d’énormes bugs sont de la partie. Evidemment, tout n’est pas mauvais puisque les décors sont variés et certains passages sont de véritables défouloirs, mais quelques bonnes idées perdues dans un océan de maladresses ne suffisent pas pour convaincre. Même les fans ultimes désirant avoir tous les produits à la mode en rapport avec leur saga favorite risquent de faire l’impasse sur ce titre. C’est toujours ça d’économisé pour aller voir le film le 2 janvier prochain tout en pouvant s’offrir un petit plaisir : le pop-corn.

Les bons points

  • Environnements variés
  • Incarner un Predator
  • Mode Skirmish
  • Les différentes visions

A améliorer

  • Trop court
  • Trop facile
  • Trop mou
  • Trop linéaire
  • Scénario inexistant
  • Gestion de la caméra hasardeuse
  • Visée imprécise
  • D’énormes bugs
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