C’est en 2010 que nous avons pu découvrir Sorcery pour la première fois. Conçu tout particulièrement pour utiliser le PS Move, le titre nous invite à un voyage au pays de la magie, assimilant l’accessoire à une baguette magique. Deux ans plus tard, le projet est concrétisé. Reste donc à voir si les petits gars de The Workshop ont fait du bon travail, surtout que le jeu est proposé de base à un tarif réduit (une quarantaine d’euros) pour tenter de séduire toute la famille…

Pour un certain public

screen-sorcery Uniquement jouable en solo, Sorcery nous propose d’incarner Finn, un apprenti sorcier maladroit qui fait des siennes en l’absence de son maître, un grand magicien. Accompagné d’une chatte blanche très particulière nommée Erline (celle-ci parle et a un gros secret), notre jeune héros va tenter de réparer ses erreurs. Mais l’aventure va s’emballer jusqu’à nous conduire, cinq à six heures plus tard (selon le profil du joueur et la difficulté), à un dénouement prévisible et assez vite expédié. C’est très court et il n’y a pas vraiment de replay value. Autant le dire tout de suite, le scénario manque clairement de profondeur et d’originalité. Néanmoins, le titre vise principalement les jeunes joueurs (de plus de douze ans – restriction PEGI –) et la famille pour offrir un moment de détente au travers d’une aventure magique. Partant de ce constat, l’histoire est tout a fait acceptable. Reprenant la plupart des bases de l’heroic-fantasy, celle-ci reste suffisamment bien amenée pour captiver l’attention des moins difficiles. Notre héros parle beaucoup et Erline, jouant la voix de la sagesse, apporte sa touche à des dialogues parfois assez plats et d’autres fois mieux sentis. Dans tous les cas, le jeu profite d’un doublage français intégral de bonne facture, et ce aussi bien pour les personnages principaux que pour les secondaires. Les musiques collent parfaitement à l’univers pour nous transporter dans cette histoire sur fond de guerre entre humains et elfes. En sachant à quoi s’attendre, on n’est pas vraiment déçu par le traitement opéré par les développeurs.

Bien entendu, les joueurs les plus exigeants pointeront du doigt les clichés et autres aspects un peu caricaturaux du soft, mais c’est le prix à payer pour rester accessible au plus grand nombre. Au passage, on apprécie tout particulièrement les cut-scenes présentées sous la forme d’un grimoire animé qui ajoutent un peu de cachet à l’ensemble, surtout que celles réalisées avec le moteur du jeu sont simplement passables. D’une manière générale, la réalisation est en demi-teinte. Visuellement parlant, le jeu est loin d’être beau. Les modélisations sont assez sommaires, les animations soufflent le chaud et le froid et certaines textures sont bien pauvres. Néanmoins, Sorcery arrive à compenser avec des jeux de lumière qui sortent du lot, des environnements très appréciables et une direction artistique qui a un certain charme. Les effets visuels font leur effet (c’est le cas de le dire) et il est sympathique de modifier la nature de certains objets et autres animaux d’un simple coup de baguette magique. Dommage que certains bugs et autres ralentissements soient à noter, et ce malgré l’installation du jeu sur le disque dur de la console. Au niveau du gameplay, le PS Move est indispensable et il doit être combiné à la manette de navigation (fortement conseillée) ou au pad classique (fonctionnel mais pas toujours pratique). Les mécaniques de jeu ne sont pas forcément originales, mais elles sont bien implantées. Ainsi, on contrôle la direction de notre cher Flinn grâce au stick du contrôleur et on utilise le Move comme si on avait une baguette magique entre les mains. L’accessoire permet notamment d’interagir avec certains éléments.

La baguette magique en action

Il suffit de faire des cercles devant soi pour ouvrir un coffre ou réparer une partie du décor, ou encore de mimer le fait d’insérer et tourner une clé pour ouvrir certaines portes. A cela, il faut ajouter le fait d’agiter le Move pour lancer des sorts. Que ce soit pour atteindre des ennemis sur un même plan ou en hauteur, à gauche, au centre ou à droite de l’écran, l’accessoire fait son office, le tout étant suffisamment permissif pour masquer certaines imprécisions. Cela ne les efface pas pour autant, mais elles ne sont en rien gênantes dans la progression, d’autant plus que le jeu reste assez facile dans son ensemble. L’I.A. est basique et notre héros gagne en puissance au fil de l’aventure. En plus de découvrir de nouveaux sorts (liés aux éléments), il peut les combiner ou encore se préparer des potions pour renforcer certaines de ses caractéristiques. Que l’on utilise le pouvoir du feu pour se débarrasser de certains ennemis, que l’on fasse appel à un tremblement de terre ciblé pour briser des boucliers, à une petite tornade ou encore à la possibilité de geler un ennemi, notamment contre les shamans de feu, il y a de quoi varier un tant soit peu les plaisirs même si on finit par vite se rendre compte que le pouvoir de la foudre est des plus efficaces. Cela dit, on peut aussi combiner les pouvoirs pour gagner en efficacité. L’utilisation reste assez simple et tout est bien expliqué afin que le jeu soit accessible au plus grand nombre. Les amateurs de magie apprécieront en tout cas ce divertissement. Petite subtilité, il est possible de courber ses tirs pour toucher des ennemis qui se planqueraient derrière un élément du décor. Il faut ajouter à cela la possibilité de brandir un bouclier magique pour se protéger, briser des murs et des portes fragilisé(e)s ou encore la possibilité d’esquiver en appuyant sur un simple bouton. Si cette dernière faculté peut être utile contre un boss, il faut bien reconnaître qu’elle est à éviter lorsque les ennemis sont nombreux. Etrangement, il est plus facile d’échapper aux adversaires en étant constamment en mouvement, plutôt qu’en exécutant une esquive assez lourde. Cela va de paire avec une caméra semi-automatique qui génère bien des soucis. Malgré la possibilité de la recentrer manuellement, celle-ci se place régulièrement mal, à tel point que ça peut devenir vite pénible. Histoire de briser un poil la répétitivité du système de jeu, les développeurs ont pensé à mettre quelques petits chemins secondaires, avec parfois des énigmes simplistes, pour pousser le joueur à faire un détour afin de récolter des pièces, des potions de vie ou encore des éléments (certains pouvant être achetés à un alchimiste) pour préparer les potions. L’idée de les faire soi-même est plutôt sympathique. Il faut à chaque fois avoir trois ingrédients que l’on va mélanger comme si on préparait une recette culinaire. Le PS Move permet donc d’interagir avec le tout, de touiller la mixture et, en cours de jeu, de la secouer et de mimer le geste pour l’ingérer. Les premières fois sont agréables, mais après une dizaine de préparations, on se demande pourquoi les développeurs n’ont pas ajouté une option de « préparation rapide », la redondance du tout finissant par lasser.

Point complet

Qu’on se le dise, Sorcery vise en priorité un public de jeunes joueurs (plus de douze ans) et, plus généralement, de joueurs occasionnels. Avec son histoire accessible reprenant les bases de l’univers heroic-fantasy et son couple Finn/Erline qui fait des étincelles, le titre de The Workshop a de sérieux atouts pour séduire le public ciblé. Celui-là même qui sera sous le charme de la direction artistique et qui appréciera l’intégration du Move, accessoire que l’on utilise comme une baguette magique. Avec en prime un tarif réduit, le jeu a de sérieux arguments pour convaincre les moins difficiles. Néanmoins, Move ou non, il faut rester pragmatique. On ne peut donc pas faire l’impasse sur les quelques imprécisions, sur une durée de vie vraiment courte, sur des clichés qui font grimacer ou encore sur un manque de replay value. Tout n’est pas parfait, loin de là même, mais si on sait à quoi s’attendre, on prend un certain plaisir à le parcourir.

Les bons points

  • Une quarantaine d’euros
  • La direction artistique
  • Cut-scenes style grimoire animé
  • L’univers pour les plus jeunes
  • L’histoire en tant que fil rouge
  • Musiques très agréables
  • Combiner les pouvoirs
  • VF intégrale de bonne facture
  • Faire ses potions les 1ère fois
  • PS Move plutôt bien intégré…


Les mauvais points

  • Malgré quelques imprécisions
  • Faire ses potions à la longue
  • Assez répétitif
  • La caméra et l’esquive
  • Vraiment court
  • Les cut-scenes avec le moteur du jeu
  • Pas vraiment de replay value
  • Quelques soucis techniques
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