Malgré des qualités évidentes, la PS Vita manquait à son lancement de titres majeurs suffisamment originaux pour se démarquer de ce que l’on connaissait déjà sur PlayStation 3 notamment. Bien entendu, quelques projets ont su se démarquer des autres entre temps. Toutefois, il y en a un qui était extrêmement attendu, c’est le Gravity Rush (Gravity Daze au Japon) de Japan Studio. Il suffit de savoir que Keiichiro Toyama (le père de Silent Hill et de Forbidden Siren) y est lié pour attirer certains regards. Reste alors à voir ce que ce jeu a de spécial…

L’art à l’état brut

gravity-rush Dès le lancement, on se retrouve à incarner une jeune et jolie blonde qui se réveille à Hekseville. Amnésique, elle ne met pas longtemps à se rendre compte qu’elle n’est pas tout à fait comme les autres. Baptisée Kat et accompagnée d’un chat assez particulier, la demoiselle se laisse embarquer dans une aventure des plus folles. Dotée de pouvoirs lui permettant de se jouer de la gravité, elle va tenter de les mettre à profit pour aider les habitants de la ville. De fil en aiguille, elle va faire des rencontres qui vont la pousser à s’intéresser d’avantage à son destin. Cela se ressent d’ailleurs au niveau du scénario, peu palpitant durant les premières missions. Néanmoins, une fois celles-ci passées, l’histoire gagne en maturité. Il est vrai que les idées fusent un peu dans tous les sens et que le scénario n’est pas des plus structurés et profonds… Il n’empêche qu’il pousse le joueur à avancer, notamment grâce à la mise en scène des plus soignées. Quelle bonne idée d’avoir intégré des cut-scenes qui prennent la forme de BD/comics dynamiques ! C’est interactif et en plus c’est très agréable à l’œil. D’une manière générale, la touche artistique du jeu frôle le sans faute. Notre héroïne est toute mignonne, les quelques tenues à débloquer lui vont comme un gant, l’univers est charmeur et on découvre des personnages surprenants comme le Créateur, Alias ou encore Raven (et son corbeau), une belle brune aux pouvoirs similaires à ceux de Kat, pour ne citer qu’eux.

En prime, notre personnage, bien qu’assez candide, ne manque pas d’humour et de réflexions bien senties, ce qui ajoute à son charme. L’univers du jeu n’est pas en reste, avec une ville composée de quartiers à débloquer ayant chacun leur identité. Histoire de ne pas vous gâcher la surprise, disons qu’il y a d’autres zones de jeu à explorer, avec des architectures tantôt industrielles et tantôt des plus organiques. En plus, grâce à la manipulation de la gravité, il est possible de parcourir plusieurs mètres dans les airs, de monter jusqu’au plus haut de cette ville flottante ou encore de passer en dessous pour voir toutes les surprises qu’elle a à offrir. On a une liberté de mouvements très appréciable qui pousse à l’exploration, surtout que le level design est réussi et que les développeurs n’ont pas hésité à utiliser la verticalité des lieux pour nous permettre d’user et abuser des pouvoirs de Kat. Au niveau du gameplay, les petits gars de Japan Studio ont réussi à trouver un système ingénieux qui demande toutefois quelques minutes d’adaptation. En effet, la gâchette droite de la console permet de mettre Kat en apesanteur. Une fois dans cet état, cette même gâchette permet de la propulser dans la direction que l’on souhaite. Cette dernière est à déterminer en visant avec les sticks (fortement conseillé) ou en optant pour la fonction gyroscopique (vite mise à mal). A tout moment, il est possible de se soumettre à nouveau à la gravité en utilisant la gâchette gauche. Sensations garanties !

Pour éviter que ce ne soit trop simple, les développeurs ont ajouté une jauge qui se vide tant que l’on va à l’encontre de l’attraction normale provoquée par la gravité, même lorsqu’on marche sur des murs, au plafond ou sur des surfaces qui ne sont pas parallèles au « sol ». Si la jauge se vide entièrement, la jolie blonde entame une chute libre, jusqu’à ce que l’on ait la possibilité de réutiliser le pouvoir grâce à la régénération automatique de ladite jauge. Cela peut paraître un peu complexe sur le papier, mais après quelques essais, on arrive sans mal à se déplacer en essayant de s’orienter grâce à la règle de base : les cheveux et l’écharpe de Kat restent quoiqu’il arrive soumis à la gravité. Les indicateurs visuels sont aussi les bienvenus pour ne pas trop perdre le Nord, surtout que la caméra semi-automatique connaît des ratés en pleine action. Cela vaut notamment lors des combats. En effet, pour aider les habitants de Hekseville, Kat sort ses griffes et affronte des créatures noires qui ne sont pas sans rappeler les Sans-cœur de Kingdom Hearts. Ici, elles sont appelées les Névis et elles ont toutes, boss compris, un ou plusieurs points faibles matérialisés par des sphères orangées/rougeâtres. Si le principe ne change pas, à savoir viser à chaque fois ces points précis, il y a plusieurs façons d’y arriver.

Un condensé de bonnes idées

Ainsi, selon les créatures (au sol, en vol), il faut user d’un système de coups de base associé à une touche ou utiliser celui-ci en apesanteur en se servant de la caméra pour cibler l’endroit à impacter. A cela, il faut ajouter des attaques spéciales pour faire plus de dégâts ou encore la possibilité d’appliquer son pouvoir à un objet (valable aussi pour transporter des personnes) pour le lancer par la suite sur l’ennemi. Les monstres sont plus ou moins résistants et certains demandent des approches différentes, certains de leurs points faibles n’étant accessibles qu’avec un certain angle, quand ils ne sont pas camouflés sous une protection. Quant aux boss, ils sont plus imposants et forcément plus coriaces. Les combats peuvent même devenir épiques. Dans l’ensemble, le jeu n’est pas très difficile, mais l’exercice demande de la concentration, notamment lorsqu’il y a des ennemis de toute part qui attaquent à distance. Quand on rajoute les imprécisions de la caméra et le fait de se retrouver un peu perdu dans le feu de l’action, il faut bien avouer que l’on n’est pas à l’abri d’un Game Over. Cela dit, les checkpoints sont vraiment nombreux pour éviter de décourager les moins doués, au risque de rendre l’aventure principale un peu trop facile pour les plus habiles. Reste que ces derniers peuvent se rabattre sur les nombreuses activités annexes qui prolongent sensiblement la durée de vie (comptez une dizaine d’heures en ligne droite et un peu plus d’un vingtaine pour tout faire et tout explorer).

Outre les habitants avec lesquels discuter, on trouve surtout des défis basés sur du scoring pur et dur. Que ce soit des combats contre les Névis ou des courses contre-la-montre, les amateurs du genre auront des challenges à relever. Cela vaut notamment pour les défis qui demandent d’utiliser les glissades gravitationnelles. Cette faculté, qui est aussi utilisable au cours de l’aventure, permet, comme son nom l’indique, de se laisser glisser sur une surface en appuyant simultanément sur les deux coins inférieurs de l’écran tactile. On se sert alors de la console, de la fonction gyroscopique plus précisément, pour diriger Kat. Malheureusement, c’est certainement la feature la moins réussie, tant ça manque de précision et de réactivité. Pour plusieurs joueurs, ces passages seront de véritables plaies. Pour continuer sur les quelques défauts du jeu, notons que certains chargements (lorsqu’on recharge une partie par exemple) sont longs, que les collisions ne sont pas toujours optimales et qu’il y a des imprécisions lors des contacts. Niveau technique, on constate quelques petites chutes de frame-rate et un aliasing assez présent, mais il n’y a rien à ce niveau-là qui vienne gâcher l’expérience.

De toute façon, la direction artistique et la qualité de l’aspect cel-shading compensent facilement ces deux petits impairs, d’autant plus que le jeu reste fluide dans l’ensemble. Excepté cela, il n’y a pour ainsi dire que du positif à retenir. Les musiques et les bruitages collent parfaitement à l’univers, l’interface est très bien pensée, avec la carte tactile des plus pratiques, les animations sont superbes et il y a des bonnes idées. On retient notamment l’intégration d’un réseau d’égouts pour se téléporter d’une bouche à une autre ou pour retourner chez Kat, histoire de changer de tenue ou de s’assurer une sauvegarde manuelle en plus de l’automatique, ou encore l’ajout de moyens de locomotion pour se déplacer sans effort d’un quartier à un autre tout en continuant à explorer les alentours. Last but not least, le gameplay est agrémenté d’un système d’amélioration afin de booster toutes les caractéristiques de notre personnage (santé, compétence de vol, glissade, attaque, etc.) en échange de gemmes à récolter partout dans la ville et lors des missions. Bien entendu, plus on améliore une compétence, plus cela coûte cher. Il ne faut donc pas hésiter à partir explorer tous les recoins du niveau, quitte à prendre quelques risques. En plus, les gemmes peuvent être utilisées pour réaliser des travaux d’entretien de la ville afin de gagner en popularité auprès des habitants.

Point complet

Gravity Rush fait partie de ces jeux originaux qui vous proposent une expérience inégalable. La direction artistique est séduisante, la bande sonore est envoûtante et l’aventure vous transporte pendant une dizaine à une vingtaine d’heures (selon que vous alliez à l’essentiel, que vous flâniez ou que vous tentiez de tout faire) pour votre plus grand plaisir. Il est vrai que tout n’est pas parfait et qu’il y a bien des imprécisions qui peuvent agacer, notamment lors des glissades… Mais il y a tellement de qualités et de bonnes idées à côté de cela, qu’on finit rapidement par lui pardonner ses quelques défauts. Beau, original, bon, Gravity Rush est une véritable réussite. N’ayons pas peur des mots et disons qu’il s’agit tout bonnement d’un must-have de la PS Vita.

On a aimé

  • La direction artistique
  • Bande-son de qualité
  • Level design inspiré
  • Le côté exploration
  • L’aspect scoring des défis
  • Les cut-scenes interactives
  • Candeur, humour et maturité
  • Interface claire
  • Gameplay original
  • Les sensations des projections
  • Les améliorations
  • Pas mal de bonnes idées
  • Durée de vie très honorable
  • Accessible…


On n'a pas aimé

  • Malgré un petit temps d’adaptation
  • Les glissades
  • Caméra qui perd le Nord
  • L’utilisation du gyroscopique
  • Certains chargements longs
  • De légers défauts techniques
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